| Le Malamute d'Alaska |
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PRESENTATION DU MALAMUTE D’ALASKA
Husky de
Sibérie Malamute
d’Alaska
Quelqu’un voit-il la différence ?
Hormis la couleur de la robe qui peut être identique chez les deux espèces, on
notera principalement :
- la taille : 63.5cm pour un mâle malamute contre 53.5cm à 60cm pour
un mâle husky
- le poids : 38.5kg pour un mâle malamute contre 20.5kg à 28kg pour
un mâle husky
Comme leurs noms l’indiquent, ces deux
races bien que "cousines" sont d’origines différentes : la Sibérie pour le
husky, l’Alaska pour le
malamute. Vous l’aurez donc compris,
il s’agit là de deux races bien distinctes. Ne cherchez pas les yeux bleus chez
un malamute, il s’agit d’un défaut éliminatoire, résultat d’un métissage inavoué
avec une autre race nordique. Contrairement au husky et
comme le précise le standard, le malamute n’est pas fait pour les épreuves de
vitesse, il s’agit : « d’un chien de trait lourd, qui peut tirer
des charges importantes sur de longues distances à vitesse modérée », d’où
son surnom de « locomotive des neiges ».
Carte de l’Alaska
Petit
historique :
Le Malamute d’Alaska doit son nom à une tribu hyperboréenne américaine,
les Malhemiuts, ce qui signifie « hommes vivant où il y a de grandes
vagues ». On estime l'origine des chiens de type Spitz à 7000 ans. Les
"Malhemiuts" vivaient sur la côte nord-ouest de l'Alaska, principalement
autour du golfe de Kotzebue, et étaient essentiellement pêcheurs. Ils
utilisaient donc leurs chiens pour haler les barques le long des cours d'eau et
l'hiver pour tirer leurs traîneaux, pour chasser le phoque et l’ours
polaire, et pour défendre les campements et les troupeaux de caribous contre les
assauts des animaux prédateurs. Les harnais de l'époque étaient alors en cuir de
phoque ou de morse. C’est
seulement au début du XIXème siècle
que certains explorateurs blancs sont entrés en contact avec ce peuple d’hommes
de petite taille, laborieux et hospitaliers, ainsi qu’avec leurs chiens de
traîneau, qui leur servaient d’auxiliaires dans leur dure existence sur les
terres glacées de l’Alaska. Il n’est pas faut de dire que dans de telles
conditions, les chiens n’auraient pas pu vivre sans l’homme mais l’homme non
plus n’aurait pas survécu sans les chiens, leurs existences étaient étroitement
liées. Confrontés à de très dures conditions d’existence, le malamute a
développé des caractéristiques physiques adaptées à son milieu : fourrure
épaisse et sous poil laineux pour lutter contre le blizzard sous des
températures avoisinant parfois les-50°C ; oreilles courtes et garnies de
poils isolants.
Quand les Européens occupèrent le Canada, ils l’utilisèrent comme porteur
dans les régions montagneuses. Ce chien était capable de porter sous son ventre
des fardeaux pesant jusqu’à 20kg !! Chien de traîneaux, chien de bât,
chasseur de caribous, d’ours et de phoques, le malamute a été suivant les
époques utilisé par les chasseurs, les chercheurs d’or, les explorateurs, les
trappeurs, les trafiquants de fourrure et depuis le début du XXème siècle les
amateurs de courses de chiens de traîneaux (le malamute a d’ailleurs remporté à
plusieurs reprises la course de l’All Alaskan Sweepstake)
.
Pourtant la race à bien failli disparaître au moment de la ruée vers
l’or, victime de croisements effectués par les prospecteurs avec des chiens
européens de chasse ou de montagne. La création de courses de traîneaux en 1907
ne fit qu’aggraver le phénomène. Mais à partir de 1925, les efforts d’un petit
nombre d’amateurs éclairés permirent heureusement d’isoler le malamute en tant
que race pure ; mais le travail de sélection entrepris alors par ces
éleveurs conduit alors à la création de lignées différentes, dont deux
principales : les « Kotzebue » et les
« M’Loot » :
Une combinaison des deux aboutit à la création d’une « troisième
voie ». De nos jours ces lignées ont donné naissance à beaucoup d’autres,
mais toutefois, quelques différences de types restent sensibles, et on retrouve
des chiens aux caractéristiques morphologiques proches de celles de leurs
lignées d’origine.
Aussi existe-t-il aujourd’hui des malamutes mâles avoisinant les
58cm au garrot alors que d’autres toisent à 75cm, et que l’éventail des
poids s’échelonne de 30 à 60 kg !! C’est dans les années 20 que le malamute a posé ses pattes hors d’Alaska sur le continent américain et que son élevage a été pris en main; la race a été reconnue en 1935 par l’American Kennel Club. Quant au premier malamute inscrit au livre des origines français, c’est en 1969 qu’il apparaît : il s’agit de Sno-Pak Lousto, un mâle né en 1962 aux Etats-Unis. Le cheptel français est évalué aujourd’hui à plus de 2000 individus.
Caractère et
aptitudes :
On dit du malamute d’Alaska qu'il est un chien rustique et primitif. Ceci
signifie qu’il est un des rares chiens à n’avoir pas véritablement "évolué" dans
le temps, car en effet, l’homme n’a pas ou peu effectué de
croisements sur cette race qui conserve donc de nos jours encore, toutes ses
aptitudes et son caractère naturels, et un patrimoine génétique très fort. Cette
race a été sélectionnée en Alaska, une terre hostile pour les hommes et les
animaux, où seuls les êtres particulièrement forts, astucieux et dotés d’une
grande personnalité peuvent survivre. Il leur a fallu s’adapter à des conditions
climatiques extrêmes, à travailler sous ce climat, à utiliser au maximum les
ressources alimentaires disponibles : il leur fallait être suffisamment
forts pour préserver leur portion face à leurs congénères, particulièrement
intelligents pour comprendre et effectuer les ordres de leurs maîtres; il faut
savoir qu’un chien qui ne travaillait pas à l’attelage, un chien agressif envers
les hommes ou un chien malade n’avait aucune clémence à attendre de ses maîtres,
et finissait généralement éventré et donné en pâture à ses
congénères.
Son caractère reflète donc celui de ses ancêtres, dont la vie était une
lutte perpétuelle pour ne pas mourir et il conserve toutes les caractéristiques
psychologiques qui lui ont permis de vivre dans les glaces. Ce caractère si fort
peut surprendre les non connaisseurs de la race : oui le malamute est un
chien bagarreur, et oui le malamute est un chien prédateur. Ceci s’explique
simplement par son sens prononcé de la meute, par le fait qu’il éprouve le
besoin quasi-systématique de se positionner hiérarchiquement auprès de ses
congénères du même sexe. Dominant de nature, la solution face à un autre
dominant visiblement aussi déterminé ne peut être qu’une « petite
bagarre » dont l'unique but est de soumettre l'adversaire. Chez le malamute
comme chez tous les chiens nordiques, les rites de la vie en meute sont très
précis et profondément inscrits en eux, aussi le maître doit-il s’imposer comme
« chef de meute » aux yeux de son chien. Le malamute est aussi un
excellent chasseur, mais pour son compte ! Il lui est très difficile de
résister à la tentation de courir après des poules où des moutons, mais
attention, un chat ou un chien de petite taille surtout s’il prend la fuite peut
aussi être considéré comme une proie potentielle…
Un
malamute n’est pas un labrador!! N’attendez pas de lui qu’il aille chercher la
balle dix fois d’affilée, il ne le fera pas, cela n’aura pas de sens pour lui.
N’attendez pas non plus de lui qu’il se mette à aboyer pour empêcher un intrus
de pénétrer dans votre domicile, il est probablement le plus mauvais chien
gardien du monde !! Ceci dit, un malamute silencieux qui vous fixe au
moment de pénétrer dans un jardin a un effet dissuasif très net, même pour un
connaisseur (on ne sait jamais, peut-être que ce malamute là est l’exception qui
confirme la règle !). Certaines femelles ont pourtant un instinct du
territoire plus prononcé et peuvent se manifester en cas
d’intrusion…
Le
travail :
-le traîneau
:
bien évidemment, cette discipline reste reine pour ce qui est de travail avec
des chiens nordiques. Depuis quelques années on voit ce sport se développer de
manière très significative, et des structures proposant la découverte de ce
« sport de glisse » s’implanter sur tous les massifs montagneux du
pays. Des courses s’organisent aussi, trouvant malheureusement leurs limites
dans le faible enneigement des dernières années. Le malamute est très peu
utilisé dans les courses, les mushers préférant généralement les
« alaskans », croisements de huskys et de chiens de chasses (setters,
pointers, …), plus dociles et plus rapides.
Bien qu’il soit aujourd’hui difficile de parcourir 30 kilomètres en
traîneau quotidiennement (et ce surtout en France), d’autres alternatives
s’offrent quand même aux propriétaires de malamutes afin d’entraîner leurs
chiens à leur fonction d’origine, le trait, et de préférence le trait lourd. De
nombreuses possibilités s’offrent pourtant aux possesseurs de
malamutes.
-la
randonnée : le malamute est le compagnon idéal des ballades en montagne
ou en pleine nature ; relié à votre taille par une ligne de trait attachée
à son harnais, il « allègera » votre marche et vous trouverez
probablement les montées plus aisées. Par contre attention aux descentes ou
votre malamute continuera de tracter et où vous découvrirez ses réelles
capacités à tirer à vos dépends ! Il est alors conseillé de lui apprendre à
marcher derrière vous à chaque descente. Sinon, équipé de sacoches placées
correctement sur ses épaules, le malamute est un excellent chien de portage,
parvenant à porter jusqu’au tiers de son propre poids.
-le cani-cross : même principe que la randonnée mais pour les
amateurs de course à pied, des courses sont régulièrement
organisées…
-le vtt : la solution
idéale pour entraîner son chien, certainement la plus utilisée en tout cas par
les propriétaires d’un à deux malamutes (rarement au-delà, sinon prévoir de très
bons freins !)
-le kart : idéal à partir
de plusieurs chiens : plus stable que le vtt, plus lourd, plus solide, il
est aussi plus facile de s’en éjecter en cas de situation critique. En fonction
du kart, on peut atteler de 2 à 10 malamutes en moyenne.
-l’Arapaho: le nom
"Arapaho" est celui d'une tribu indienne ("ceux qui descendent de la montagne").
C'est la trottinette géante,un bon compromis entre le kart et le vtt. Plus
maniable que le kart et plus rassurant que le vtt, l'Arapaho est idéal pour 2 à
4 chiens. Au-delà le kart est préférable.
-l’agility : malgré son caractère têtu et son manque de
motivation à effectuer certaines tâches,
la plupart des malamutes peuvent surprendre en agility, mais il faut
alors au maître doigté et patience…
-le ski-joring : des skis de fond ou de randonnée, un
malamute et c’est parti !
-la pulka : discipline ou le chien tire une sorte de petite
luge (pulka) et est relié à son maître, idéal pour les longues randonnées
hivernales.
-et toutes les autres disciplines qui peuvent exister (!!) : roller,
trottinette, snowboard, quad, etc.
-le
weight-pulling : c’est une discipline nord-américaine née en Alaska au
moment de la ruée vers l’or. C’est l’épreuve accomplie par Buck, le héros de
Jack London dans L’appel de la
forêt . De nos jour le weight-pulling n’a pas ou peu quitté son berceau
puisque c’est en Alaska que ce sport a le plus d’adeptes. Les chiens sont
regroupés en catégories qui correspondent à une certaine charge à tirer. Un
temps est imparti au chien pour tirer une charge allant de 6 à 23 fois la masse
du chien sur une distance allant de 6 à 10 mètres. Les épreuves se déroulent sur
terre et sur neige ou glace, et le chien doit déplacer la charge sans l’aide
« physique » de son maître, juste au son de sa voie. Les malamutes
champions de cette catégorie arrachent régulièrement 800 à 900 kg en une dizaine
de secondes ! Il est bien évident que cette discipline requiert un
entraînement spécial, et que tout malamute (bien qu’ayant des prédispositions
génétiques pour ce type de travail) n’est pas apte à tirer de telles charges.
D’ailleurs le malamute de weight-pulling
est bien différent de celui décrit dans le standard classique.
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